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CCP de l’ONUSIDA – Déclaration
Point 6 à l’ordre du jour
Le VIH dans les prisons et milieux clos


 27 octobre 2015 – réunion du CCP de l’ONUSIDA, Genève, Suisse

Avant de débuter, je tiens à mentionner et à remercier nos conférenciers invités, pour leur contribution.

Cette déclaration est présentée au nom de Stop AIDS Alliance, de l’International HIV/AIDS Alliance, d’AIDS Fonds/STOP AIDS NOW, de la Coalition interagence sida et développement (CISD), du Réseau mondial des personnes vivant avec le VIH (GNP+) et du Réseau mondial de la diaspora africaine et noire sur le VIH et le sida (ABDGN).

Nous remercions l’ONUSIDA pour ce rapport sur le VIH en prison et en milieu clos, et nous nous réjouissons de l’importance accordée aux données démontrant l’importance d’une bonne santé en prison pour une bonne santé publique et des communautés – reconnaissant que presque toutes les personnes incarcérées finissent par réintégrer leurs communautés.

Par cette déclaration, nous souhaitons mettre en relief quatre principaux domaines de préoccupation, reconnaissant la nécessité de rehausser le point de mire et la clarté : 1) une révolution dans les données ou, dans les mots de Monsieur Sidibé, « la démocratisation des données » dans les prisons et milieux clos; 2) les efforts pour réduire l’impact dévastateur de cadres juridiques préjudiciables pour les programmes de santé publique en milieu clos et dans nos communautés; 3) un appel à la mise à échelle de partenariats multisectoriels, y compris avec la société civile et des services communautaires – car les partenariats, la transparence des données et les cadres juridiques habilitants sont indispensables pour commencer à atténuer et à réparer les impacts négatifs et les coûts qui découlant de l’incarcération, tant pour l’individu, les communautés et les systèmes de santé; et 4) un appel à établir une réponse intégrée qui englobe VIH, VHC et tuberculose afin d’assurer de bons services en matière de VIH, de VHC et de tuberculose pour la santé des détenus et de leurs familles.

Les données démontrent que :

  1. Autour du monde, l’incarcération demeure la principale alternative au traitement pour la santé mentale. Le nombre de jeunes et d’adultes incarcérés pour des délits mineurs liés à la drogue est démoralisant. La sévérité de ces expériences, sur le développement humain, affecte non seulement la santé et la trajectoire sociale de l’individu, mais également la santé de familles et de communautés. On présume que les populations clés n’ont pas de famille – mais les personnes qui consomment des drogues, les hommes gais et autres hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, les personnes vivant avec le VIH, les travailleuse(-eur)s du sexe et les personnes transgenres sont également des mères et des pères, des frères et des sœurs. Alors, qu’arrive-t-il aux enfants de membres de populations clés, lorsque leur parent ou aidant est incarcéré ou placé dans un milieu clos? Qui, alors, prend soin de ces enfants et quel est l’impact en aval; comment cela influence-t-il le risque de l’enfant pour le VIH, sa vulnérabilité et/ou sa résilience?
  2. Des inégalités structurelles fondamentales, des préjugés sociaux et l’exclusion sociale expliquent pourquoi les personnes de couleur et les personnes autochtones sont affectées de façon disproportionnée par le VIH et par la stigmatisation et la discrimination qui s’y associent. Le racisme (et non la race, l’appartenance ethnique, ni la culture) a rendu les personnes de couleur et autochtones de plus en plus vulnérables à l’exposition au VIH et à l’infection. L’appauvrissement structuré, la ségrégation raciale et l’incarcération de masse sont des facteurs qui influencent le risque d’infection par le VIH et d’autres infections transmissibles comme l’hépatite et la tuberculose. Nous sommes d’avis que cette omission est déplorable, dans le document d’information présenté aujourd’hui par l’ONUSIDA. Et sur cette note, j’aimerais attirer votre attention sur un dossier du plus récent numéro du magazine The Atlantic : « The Black Family in the Age of Mass Incarceration ».
  3. Les personnes vivant avec le VIH et les populations clés vivant avec le VIH rencontrent de la violence physique et psychologique tout au long du continuum d’arrestation, de détention et d’incarcération. La continuité des soins pour le VIH doit être maintenue afin d’éviter des interruptions ou délais de traitement. Le transfèrement en temps opportun des dossiers médicaux doit être examiné et assuré pendant toute la trajectoire, dès l’arrestation, en passant par la détention et la pré-libération, et jusqu’aux soins ultérieurs à la remise en liberté dans la collectivité. Nous éprouvons des inquiétudes semblables en ce qui concerne le continuum des soins pour les populations de migrants, de réfugiés et de personnes sans papiers, en particulier pour le transfèrement des dossiers médicaux en phase de détention, libération ou déportation.
  4. Les prisonniers sont vulnérables au VIH, à la tuberculose et à d’autres maladies et ils sont à risque de les contracter. Quelle que soit la raison de l’incarcération, le châtiment d’un prisonnier ne devrait jamais résulter en un manque de soins de santé. Afin de mettre fin à l’épidémie du VIH et à celle de la tuberculose, une réponse intégrée est nécessaire; celle-ci doit comprendre des rôles et responsabilités bien définis, pour responsabiliser les acteurs. Une approche intégrée ne sert pas qu’à assurer la continuité des soins, mais encourage également une équité des soins, qui est confirme aux droits humains.

L’enjeu des prisons et des milieux clos a déjà figuré à l’ordre du jour, par le passé, mais nous n’avons pas encore entendu de compte-rendu, dans cette salle, sur l’impact des efforts déployés par le biais du Programme commun. Nous réitérons notre exhortation à une révolution des données sur la santé en prison; nous aimerions à présent entendre comment le Secrétariat de l’ONUSIDA et les coparrainants ont avancé cet ordre du jour dans le Cadre unifié du budget, des résultats et des responsabilités – et où en sont les progrès.